La vie reprend

30sept07

J’éprouve une sensation de précipice sous mes pieds, le remords du temps gâché, le vertige du vide et de la vanité.

Oscar Wilde

 

Douce indolence que celle des vacances. La perte d’un rythme, le recul des ambitions. C’est toujours l’esprit gonflé de projets que l’on aborde les vacances. Le temps. Le temps est enfin là, devant nous, libre. Et c’est quand ce temps devient totalement libre qu’il nous échappe.

A quoi bon se presser ? Nous avons le temps. Le temps de paresser un peu. Le temps de nous étendre, de commencer quelques vains projets qui ne pourront passer la fin de l’été. Le temps de perdre son temps.

Aout, juillet, deux périodes qui devraient être plus productives que les autres, mais qui ne le sont jamais. Je suis entrée dans l’été avec une belle pile de livre, une nouvelle à terminer. J’ai achevé un ou deux livre, noirci quelques pages sans m’appliquer Je suis revenue avec une pile doublée, les mêmes projets d’écriture accompagnés de nouveautés. Et aujourd’hui, le temps va me manquer.

Suis-je heureuse de retrouver une vie vraiment active, des horaires définis ? De ce point de vue, oui. C’est ce qui retient ma paresse et stimule mon envie d’écrire, d’employer un temps libre défini à bon essient. Mais qui dit temps libre, dit aussi devoirs. Les études se poursuivent. Et l’idée de mes premiers devoirs me préoccupe déjà. L’idée de les faire. La douloureuse perspective de l’échec. Je ne supporterai pas le premier échec. Et j’ai peur. J’appréhende la suite de ma scolarité avec une inquiétude nouvelle. Avec pour la première fois cette crainte de ne pas être à la hauteur.
J’espère que je me trompe.

Je n’ai pas écrit cet été puisque, comme vous vous en douteriez, il y avait peu de choses à dire. Mais la rentrée vient de sonner. Je reprend ce blog trop longtemps délaissé. J’en éprouve plus l’envie que le besoin. Si je n’écrivais pas ici, je n’écrirais jamais sur moi.
Que dire de cette rentrée ? Peu de choses pour l’instant, je crois. Peu de choses, parce que je n’entrerais pas dans les détails. Les débuts ne se sont pas trop mal passés. La première journée, surtout, était bien. On retrouve quelques anciens camarades, on se retrouve mêlé à tous les autres. La curiosité et le doute facilite la communication. On se retrouve à parler avec l’un, avec l’autre. On s’intègre à des groupes, des semblants de sympathie se créent et on se dit que, finalement, il n’est pas si difficile de se sociabiliser.
Puis la première semaine de cours arrive. Les heures, les jours s’écoulent, les beaux espoirs du début se diluent. Non, ce ne sera peut-être pas si évident. Les personnes sympathiques ont disparu. Nous voici cindé en plusieurs groupes, et, dans les couloirs, dans l’attente du prochain cours, on se regarde en chien de faïence. Il n’y a plus rien. L’effervescence est passée. Chacun s’enferme dans son malaise, dans sa solitude forcée.
Echanger quelques mots avec son voisin en cours est toujours possible, mais toujours stérile. Comment se rapprocher d’une personne dont vous serez séparé l’heure suivante ? Là est ma grande interrogation du moment. Je me plais à me dire qu’il faut du temps, et à voir que la plupart n’en mène pas moins large, pour l’instant. Malgré tout, je ne me sens jamais de trop dans ses « classes changeantes ». Je ne connais pas les gens autour de moi, mais leur présence a quelque chose de rassurant. J’ai pu le constater lorsque j’ai assisté à un TD mineur sans lettres modernes, je ne me sentais pas dans mon élément, je ne me sentais pas portée par les autres. Mes impressions furent différentes au cours suivant. Je n’avais pas retenu les visages pourtant.

Mais trois jours (de cours), c’est encore trop tôt pour juger. Et tout est loin d’être négatif. Je revis. Les tensions familiales, assez fortes pendant les vacances avec la perspective de mon départ sans doute, disparaissent. Et je gagne cette liberté à laquelle j’aspirais tant. La liberté de voyager, de quitter cette ville qui m’ennuie tant. Pourvu que je puisse en profiter.

Je crois aussi que l’idée d’une prochaine nouvelle se profile à l’horizon (tandis que l’autre peine toujours à se terminer). Quelques mois plus tôt, j’ai fait un rêve d’une extrême précision. Un rêve étrange dont l’ambiance et les images méritaient un scénario. Ce scénario, je crois que je le tiens enfin. Affaire à suivre…



3 Responses to “La vie reprend”  

  1. 1 L.

    Michante madame qui ne m’avait même pas dit qu’elle avait fait un nouvel article, heureusement que L. aime se balader sur les blogs des gens. Oui, L. parle d’elle et d’L. à la troisième personne.

    Je ne t’ai pas raconté le rêve le plus étrange, le plus précis et le plus “fantastique” de tous les temps (de tous mes temps) ?
    Je vais d’ailleurs en écrire le fil conducteur pour ne pas l’oublier, il était vraiment unique. Surtout que d’ordinaire je ne me souviens pas de mes rêves, ou pas plus que quelques heures. De plus il m’apparaît empli de symboles mais je ne les ai pas encore tous décryptés…

    L.

  2. 2 L.

    Voilà le rêve en question, vite transcrit selon ce qu’il m’en reste, il date de quelques mois mais m’a vraiment marquée. J’étais parfois hors de la scène, simple spectatrice, ou dans la tête de tous les personnages l’un après l’autre, mais en aucun cas je n’en savais plus qu’eux.

    Une nuit de pleine lune. Une grande bâtisse, maison de maître, une terrasse pavée qui donne sur un grand lac.
    Trois personnes. Je les sens, je suis elles, je les devine tour à tour. Deux femmes, l’une plus âgée, décidée et autoritaire, la mère, l’autre jeune, agacée, la fille. Un peu en retrait, comme exclus de cette scène familiale, un jeune homme, le fiancé de la jeune femme.
    Elle a déshonoré sa famille, sans doute à cause de lui, et pour cela elle mérite sans aucun doute la mort, sa mère n’en démord pas, c’est la coutume. Le père n’a sans doute même pas jugé utile de se déplacer en pleine nuit pour cela.
    La mère est énervée ; sa fille ne s’est pas habillée pour la circonstance, elle lui avait pourtant préparé une belle robe. Mais voilà qu’encore une fois elle n’en a fait qu’à sa tête, qu’elle a mis une vieille robe (une cape peut-être) terne et sans attrait et c’est dans cette tenue qu’elle va rencontrer la Mort, que sa mère s’en satisfasse ou non. Et la voilà qui entre, bon gré mal gré dans le lac sans doute glacé. Enfin elle disparait.

    Deuxième acte. La lune est encore ronde. La mère sans doute prise de remords est revenue le lendemain sur le lieu du sacrifice, le fiancé l’accompagne cette fois encore. Elle appelle sa fille en courant vers l’eau, il la retient. Elle s’écarte en tremblant quand elle aperçoit les formes sur l’eau. Il est trop tard, ils sont déjà là. Ils, les esprits de l’eau que l’on ne peut contrarier, mi hommes, mi bêtes. Leurs peaux sont bleues ou vertes, leurs coiffures dignes des punks de Camden, leurs habits ne sont que des guenilles mais ils ont un air digne et antique qui inspire automatiquement le respect et la crainte. L’une est leur chef, elle regarde un instant la mère puis continue à nager, à glisser ?, dans l’eau. Ils cherchent les corps des noyés. C’est leur rôle et l’on ne peut les en blâmer. Lorsqu’une personne se noie son âme crée un double de son corps qui se trouve également au fond du lac. Les êtres plongent en cherchant les corps et leurs doubles. Mais comme la Mort est une affaire sérieuse, il faut vérifier qu’il s‘agit bien du double. La Mort fait bien les choses et marquent les deux corps de la même façon, un tatouage mortuaire en quelques sortes qui sera situé au même endroit sur les deux corps et présentera exactement la même forme.
    Le lac s’achève sur un grand mur où sont placées des plaques mortuaires.

    Au même instant la fille, qui en fait a survécu, revient en nageant vers sa mère et son fiancé. Lorsqu’elle sort de l’eau on remarque que sa robe a changé, elle est maintenant vêtue d’une robe de mariée.
    Elle se jette dans les bras de sa mère puis de son fiancé, veut partir d’ici au plus vite. Mais à ce moment là la chef des « esprits » sort de l’eau avec un corps dans les bras, le double de la fille. La Mort a parfois des coups du sort bien sadiques. La fille panique, veut s’enfuir. Mais elle ne peut pas, on ne fuit pas les esprits, nous sommes tous leurs serviteurs.
    Les esprits ont entouré le corps et on trouvé la marqué. La forme et l’emplacement m’a échappé. La fille leur crie qu’elle est vivante, qu’elle a survécu, qu’elle a gagné le droit de vivre. Elle tire sur le décolleté de sa robe pour leur prouver qu’elle n’a pas de marque. La chef des esprits la lui arrache entièrement et là je la vois, elle s’étale sur tout son ventre et sa poitrine. Elle doit suivre les esprits, retourner dans le lac, retourner à la Mort.

    Dernier acte.
    Instinct de survie. La fille agrippe la main de son fiancé qui l’entraîne. Ils courent, ils se retrouvent dans la rue, poursuivis par les esprits qui les rattrapent. Elle comprend que c’est désespéré, s’arrête, regarde son fiancé, se laisse tomber à terre sans lâcher sa main. Ils s’aiment. Elle le regarde. La chef des esprits la touche. Elle le regarde. Noir.

  3. 3 Laura

    Je n’étais pas non plus au courant que tu avais posté un nouvel article~ (à vrai dire, sur mon LJ… depuis presque un mois je n’ai rien écrit 8D… mais qu’est-ce qu’on peut bien écrire lorsque on a rien à écrire, ou plutôt qu’on ne veut pas?)
    J’espère que tout se passera bien. Ca reste un très grand changement, une période de transition… J’imagine que l’on a pas encore le recul nécessaire. ^^;; Personellement, tout va me tomber dessus bientôt. ahah Ca fait peur.

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