A la recherche d’un vieux fichier, je suis tombée sur quelques ‘pensées’ découlant d’une conversation assez étrange que j’ai tenu l’année passée avec un inconnu… Puisque je ne l’ai jamais montrée à personne, et que certains passages me semblaient exploitables (même si pas forcément géniaux), j’ai décidé de poster le texte décousu que j’ai pu en tirer ici… Le titre était celui du dossier. Une phrase piochée un peu avant le passage choisi.

Le temps s’écoule inexorablement. Rien ne s’arrête, tout est voué à se répéter. Encore, encore et encore. Toujours. Mais la faible machine humaine se dérègle, se fige et s’efface. Parfois, j’aimerais dompter le courrant impétueux qui m’emporte, l’arrêter ou le remonter avant de sombrer dans la chute sans fond qui annoncera la fin de mon parcours, mais chaque seconde suinte entre mes doigts.

Je crois que tout est absurde en ce monde, et en dehors, je ne le sais pas… Peut-être. Probablement. Sans aucun doute.

Je tente de poser mon ancre ici car je ne connais rien d’autre.

Toutes les images qui se reflètent au fond de mes yeux, tous les sons, tous les mots qui se déposent au creux de mon oreille m’émerveillent, éveillent ma curiosité, ma soif inextinguible de connaissances. Je veux rester en perpétuelle découverte. Assister et participer à l’immense spectacle de l’humanité.

J’aimerais affûter tous mes sens et me séparer de mon intelligence, pour savourer pleinement le monde qui m’entoure. Pour que les badauds auxquels je me mêle ne soient plus qu’un assemblage hétéroclite de couleurs et de formes. Les apprécier juste en surface sans chercher à comprendre quel esprit dissimule un beau visage, ou quelles inepties peuvent former les modulations agréables de leur voix.

Mais, lorsque je prends conscience de l’absurdité de cette comédie, je troque mon rôle de spectateur en extase pour celui d’acteur. Suis-je ici au même titre qu’eux ? Avec horreur, j’ai arraché ma toison confortable et sécurisante de charmant petit mouton blanc. Rien n’a changé pourtant, si ce n’est que le reste du troupeau comprend vaguement que je me suis égarée, de peur de me retrouver lobotomisé. Cette crainte, ils ne la saisissent pas. Ils vivent sans se poser de questions.

Je vis. J’erre. Je contemple mais je pense.

J’aimerais exister.



One Response to “Si je le crois.”  

  1. 1 Le K

    Bonsoir à toi. Je me permets de te laisser un petit message.
    J’ai trouvé ton blog dans les liens qui se trouvent sur celui de Marie (ap0ptygma).
    Je viens de parcourir plus ou moins brièvement les 4 ou 5 articles de ctte page et est décidé de laissé une petite trace d’un passage insignifiant, mais qui n’est plus anonyme à présent.

    Cet article m’a beaucoup touché. JE crois que peut-être j’aurai pu l’écrire.
    Bien que moi meme je n’ai jamais osé devenir “l’acteur”, comme tu le dis… où plutot le fait est que je n’ai jamais su trop comment faire, mis à part en écrivant plus ou moins, pour moi meme. Cela reste trop petit, confidentiel pour avoir un réel impact sur ma vie et mon rapport aux autres.

    Bon eh bien… désolé pour cet étalage de pensées confuses…
    à bientot peut etre.

    Romain.


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